Depuis le 15 septembre, la visibilité des enseignes alimentaires dans les réponses des IA génératives a son thermomètre. LSA publie avec la start-up Botrank.ai un baromètre consacré à ce sujet, qui sera actualisé tous les trimestres.
Ce que mesure exactement ce baromètre
Cent prompts, répartis en quatre thématiques - drive, prix, produits, promotions - sélectionnés à partir des requêtes populaires dans Google Trends et le Keyword Planner. Chaque prompt est rejoué tous les jours pendant soixante jours sur ChatGPT, Gemini et les AI Overviews de Google, entre le 26 juin et le 26 août 2026, sans historique ni contexte préalable, de façon à reproduire les conditions d'une recherche neuve. Au total, 18 000 réponses analysées. Deux indicateurs : le taux de visibilité, c'est-à-dire la part des réponses dans lesquelles une enseigne est citée, et la part de voix parmi l'ensemble des mentions de marques.
Sur la thématique du prix, deux enseignes, Lidl et E.Leclerc, sont citées dans plus de 95 % des réponses générées, à un dixième de point l'une de l'autre. Le classement entre elles importe moins que ce qu'il laisse aux autres : sur les questions de prix, presque toutes les réponses mentionnent ces deux noms, et toutes les autres enseignes se partagent la place qui reste.
L'intérêt du dispositif tient moins aux scores qu'à leur répétition. Des mesures de visibilité IA, il en circule déjà plusieurs, mais chacune avec ses propres prompts, ses propres modèles et son propre périmètre d'enseignes : elles ne se comparent pas entre elles, et personne ne peut donc dire s'il progresse ou s'il recule. En rejouant la même méthode tous les trimestres, LSA et Botrank.ai créent le premier point de comparaison dans le temps sur ce sujet. Une enseigne qui retravaille ses pages, ses contenus ou sa donnée produit pourra vérifier au trimestre suivant si cela s'est vu dans les réponses des IA.
Cette visibilité se construit, elle ne s'achète pas
La partie la plus instructive de l'étude porte sur les sources dans lesquelles les modèles vont puiser. Sur les requêtes de prix, la plus mobilisée est un comparatif d'enseignes publié par Que Choisir. Plus largement, les domaines les plus repris par les trois moteurs sont Quechoisir.org, Facebook, Carrefour.fr, Reddit et YouTube. Carrefour.fr y figure notamment grâce à ses pages consacrées à la livraison, ce qui explique sa présence sur les sujets liés à l'e-commerce. Et Lidl.fr est le seul site d'enseigne à apparaître aussi haut sur la thématique prix, porté par une page où la marque documente sa méthode de comparaison et actualise régulièrement son échantillon de produits.
Ces exemples disent tous la même chose : ce qui est repris, c'est un contenu qui expose une méthode, des données et une structure lisibles sur un sujet précis. Botrank.ai identifie d'ailleurs trois leviers d'amélioration : l'accessibilité technique des pages, la précision et la structuration du contenu, et l'autorité obtenue auprès de sources tierces. Aucun des trois ne passe par un achat d'espace.
C'est la distinction que nous prenons soin de tenir depuis que le sujet existe : être cité par un modèle et acheter un emplacement dans un assistant sont deux mécaniques séparées. Le bon cadre de comparaison est celui du référencement naturel et du référencement payant. L'arrivée d'inventaires publicitaires dans les assistants ajoute un levier, elle n'en remplace aucun.
Le baromètre rappelle enfin que l'autorité ne se limite pas aux contenus détenus. Sur la thématique de la fraîcheur, un fil Reddit dans lequel des internautes échangent sur leurs lieux d'achat de fruits et légumes nourrit les réponses générées. Un modèle ne hiérarchise pas spontanément un protocole d'enquête et une conversation entre clients : il reprend ce qui est disponible, lisible et repris ailleurs.
Sur quel périmètre ces scores sont établis
Un point de lecture, pour finir. Les cent prompts ont été tirés des requêtes populaires sur Google Trends et le Keyword Planner, puis répartis en drive, prix, produits et promotions. Le corpus de départ est donc celui du moteur de recherche, et les quatre thèmes retenus sont ceux de la comparaison d'enseignes : qui est le moins cher, qui a les meilleurs produits.
C'est le point de départ disponible aujourd'hui, et il est cohérent avec les sujets sur lesquels les enseignes se comparent depuis toujours. Il vaut simplement d'être gardé en tête en lisant les scores : ils mesurent la visibilité sur ces quatre terrains, pas sur l'ensemble de ce qu'un client peut demander à un assistant en matière d'alimentation.
La prochaine édition dira si les positions bougent. Ce que ce premier relevé établit déjà, c'est que la visibilité d'une enseigne dans un assistant repose sur un corpus de sources en grande partie externe, et que ce corpus se travaille. Si vous avancez sur ces sujets côté enseigne ou côté marque, nous échangeons volontiers sur ce que la donnée produit et les contenus d'une enseigne rendent lisibles à un modèle.



